Lecture sous les pins du texte De l’urgence de vivre au ralenti, lors des 25 heures au Bateau Ivre (Monument Rimbaud sculpté par Jean Amado et inauguré en 1989) pour les 25 ans du Scriptorium – Marseille, 21 juin 2025.
Stage Immersion Vers le livre proposé par Hortense Raynal – La Colle, 22-24 avril 2025.
Travail sur le recueil Lille-Europe.
Stage Immersion Vers le livre proposé par Hortense Raynal – La Colle, 22-24 avril 2025Stage Immersion Vers le livre proposé par Hortense Raynal – La Colle, 22-24 avril 2025
Le chant de la pluie citadine déversant gouttelettes et particules fines. L’écho d’un chant d’oiseaux emmitouflé de nuages. Obscurité lumineuse des réveille-matins citadins. Les étoiles se sont fait la malle. La Lune n’en parlons pas. La poésie a insisté à la porte-fenêtre. J’ai ouvert grand. Les chats se sont faufilés. La poésie a chuchoté. J’ai écouté ce qu’elle avait à me dire. Patiemment. Et puis elle. S’est engouffrée. Escortée de. Mille papillons dorés. Promesse d’une belle journée pluvieuse.
le poème s’invite
au fil des mots
au fil de l’eau
Dans ces pages, il y a une totalité faite de sons, d’images, et de mots. Le philosophe Hermann Schmitz, dans Les sentiments comme atmosphères, écrit “Les sentiments sont des atmosphères qui se répandent dans l’espace et des pouvoirs qui saisissent charnellement”. C’est parce qu’on peut ressentir très fort l’atmosphère de ce que vit l’autrice, qu’alors, comme elle l’écrit au 23 avril 2023, et puisque j’écris ces mots ce même jour mais un an plus tard, “quelque chose d’indicible nous embarque”. Hortense Raynal, le 23 avril 2024 (préface)
La Lune joue avec les masses nuageuses. La poésie manque. Les martinets sortent en bandes. Il se joue quelque chose dans le ciel ce. Matin calme avant. J’aimerais lui écrire. J’aimerais qu’on se parle. J’aimerais. J’aimerai. Encore.
Un beau matin d’hiver, l’histoire d’amour n’en finissait pas d’en finir. Mais avait-elle un jour réellement commencé ? Quand les poissons ont soif d’amour Ils remontent les rivières en pleurant
UNE RIVIÈRE, poèmélancoliquide, est une histoire d’amour et de larmes qui se remonte à contre-courant. Poème obstiné qui n’en finit pas de dire je t’aime. Les textes ici rassemblés, dialogues fantômes avec l’invisible, l’absent, le lointain, ont été écrits et sauvés pour tenter de dire l’existence du sentiment amoureux et pour le maintenir en vie. Parce que la poésie, cet espace de liberté absolue, encre nos désirs.
poulpieuvre interroge perplexe mondes convexes mots complexes fil du texte et inverse traverse mondes mystères vents contraires sans frontières lampyridcoléoptère
Un jour, Poulpe m’a souhaité « bon anniversaire!». Je connaissais déjà une grande partie de sa famille ; une amie commune Emmanuelle Sarrouy nous avait, d’une certaine façon, présentés. Poulpe, que je connaissais donc par diverses occasions, parlait du petit matin, du soir venu, de l’amour, de la mort, de la naissance, sans doute de quelques musiques et de multiples autres choses dont les fleurs, les pleurs, les rires…
Poulpe était un sociologue, un ethnologue, un passant du coin de la rue, un chroniqueur des jours heureux.
Jusqu’alors Poulpe, pour moi, n’était pas un nom propre, pas le nom de cette innombrable famille. Non, c’était le nom bien commun de la bestiole, synonyme de pieuvre, que préparait ma belle-mère dans sa casserole avant qu’elle n’atterrisse dans mon assiette en salade, en magnifique salade, l’Insalate di polpo !
Je vous prie de m’excuser Poulpe, Madame Poulpe, Monsieur Poulpe, Enfant Poulpe ; je vous prie de m’excuser et tire mon chapeau à notre grande amie commune, Emmanuelle, qui me permet par ces propos des plus sérieux, des plus légers, de vous rendre hommage.
poulpieuvre interroge perplexe mondes convexes mots complexes fil du texte et inverse traverse mondes mystères vents contraires sans frontières lampyridcoléoptère
Un jour, Poulpe m’a souhaité « bon anniversaire!». Je connaissais déjà une grande partie de sa famille ; une amie commune Emmanuelle Sarrouy nous avait, d’une certaine façon, présentés. Poulpe, que je connaissais donc par diverses occasions, parlait du petit matin, du soir venu, de l’amour, de la mort, de la naissance, sans doute de quelques musiques et de multiples autres choses dont les fleurs, les pleurs, les rires…
Poulpe était un sociologue, un ethnologue, un passant du coin de la rue, un chroniqueur des jours heureux.
Jusqu’alors Poulpe, pour moi, n’était pas un nom propre, pas le nom de cette innombrable famille. Non, c’était le nom bien commun de la bestiole, synonyme de pieuvre, que préparait ma belle-mère dans sa casserole avant qu’elle n’atterrisse dans mon assiette en salade, en magnifique salade, l’Insalate di polpo !
Je vous prie de m’excuser Poulpe, Madame Poulpe, Monsieur Poulpe, Enfant Poulpe ; je vous prie de m’excuser et tire mon chapeau à notre grande amie commune, Emmanuelle, qui me permet par ces propos des plus sérieux, des plus légers, de vous rendre hommage.
[…] Réminiscences. Souvenirs éclats fragments ressurgissent des pages re/visitées. Je range quelques catalogues et magazines sauvés du passé. Des événements vécus refont aussitôt surface. Arrimés à la mémoire profonde. C’est tout à fait étonnant cette faculté qu’a notre mémoire à se cacher dans les pages conservées. À l’abri du vent et du soleil. Du froid et de la pluie… On croit oublier. Et puis un jour on ouvre un livre un magazine une boîte un tiroir… Et c’est là. Intact. Dans les mouvements de l’air.
Un journal de bord est d’abord une affaire de respiration. Dans cet exercice, il ne s’agit pas de s’abstraire du tumulte pour faire œuvre d’installation, mais de procéder à des va-et-vient entre le rythme du quotidien et la mise en écriture des instants. Le geste a ceci de précieux pour le lecteur qu’il le conduit à suivre un cheminement fait de notations, de sensations, de pensées qui sont nées dans un calendrier librement traversé. « La poésie est de la vie interprétée », écrivait jadis Joe Bousquet. […]
La vie, chaplinesque parfois, se faufile partout dans les interstices. Le maître mot est celui de synchronicité, chère à Carl Gustav Jung.
On est au cœur de la quête hybride revendiquée par la poétesse comme une seconde nature de vivre. Quelque chose de trépidant, de gourmand, de sensible, avec le désir chevillé à la plume de graver des instants qui l’ont arrêtée, le temps d’une inscription, pour mieux faire corps avec le mouvement du monde. […]
Suivre ce journal de bord est une leçon de vie intense. Avec ses sautes de forme, ses lâchages, ses vaillances, ses jubilations. Au jeudi 17 mars, on lit : « Vous reprendrez bien un peu du poil de la bête ?! »
Emmanuelle Sarrouy n’en a pas fini de nous apprendre à jeter à la mer, à temps et à contretemps, des bateaux-poèmes facétieux et aimants. De nous embarquer, pour notre grand plaisir, dans son Ciel étoilé d’étourneaux entêtés.