Dimanche 12 avril 2026.

la météo est palpable, que ce soient le froid, la chaleur, l’humidité, la pluie ou le brouillard. Je pense que je ne photographie pas tant le paysage que les conditions météorologiques qui l’entourent. 

Bernard Plossu, in Bernard Plossu-Photo poche

Cinq heures. Six heures trente. Rêves très embrouillés et indécis. De fêtes de. Scènes ouvertes ? Lectures ? Spectacles. Deux lieux. Du monde. De l’inquiétude. La petite trousse à couture rouge en forme de rondin. Un café ? Des bus. Des voitures. Grande ville sans doute. Des ami·e·s. Des inconnu·e·s. Charlotte. Confusion. Indécision. Rêves embués.

Dans le ciel gris pâle la traversée sonore du goéland leucophée est accueillie par une chorale de moineaux domestiques. Magie instantanée.

La question de l’équilibre revient me hanter. Il y a quelques jours je suis tombée (!) sur ce petit film où l’on pouvait observer un chat blanc en presque détresse qui cherchait son équilibre sur une branche de cerisier en fleurs. Me suis reconnue. Ai pensé que cette image-action correspondait tout à fait à mon ressenti actuel. (Peur de) perdre l’équilibre. (Tenter de) chercher un équilibre adéquat. Trouver le bon – existe-il ? – équilibre. Comment ? & puis quelques jours plus tard ce dessin d’Enoki Toshiyuki représentant un petit singe marchant précautionneusement sur une branche d’arbre – lui aussi – bras écartés en tentant de conserver son équilibre sous la pleine Lune. Dés/équilibre nécessaire pour avancer ? Dans la vie ? Dans le travail ? Dans l’amour ? Dans l’écriture ?

Est-ce que lorsque nos oreilles sifflent quelqu’un·e est en train de parler de nous ? 

Tombée d’épinards sauce pesto rosso en accompagnement du lieu noir & semoule aux épices italiennes. Des forces pour la journée. Tenir debout. Malgré les courbatures. Des couleurs malgré la pâleur des nuées. Nous filons chercher Sophie L. Sortie de métro la Fourragère. Aux portes de la nature. Presque. Medjina et JP nous conduisent jusque chez Isabelle A. Retrouvailles en amitiés & baptême de l’abricotier du Printemps Marseillais. S’appellera désormais Mish-Mish qui en arabe familier signifie abricot – le nom al-barquouq qui vient du grec ancien praecoquum signifie le précoce. Merci Wahiba & wikipedia. Yallah

Fruit de la chance en Chine ou pomme d’Arménie l’abricot & ses origines métissées nous invitent au voyage oriental du Turkestan à la Chine du Sud en passant par le Tibet & l’Inde jusqu’à l’autre berceau Arménie.

Là, chaque arbre fruitier était représenté par ses deux meilleures essences ; il y avait des abricotiers avec des fruits à amande douce et des fruits à amande amère ; il y avait même des abricotiers du Khorassan.

Contes des Mille et Une Nuits

Champagne & infusions. Table de mets à profusion. Premières fraises de l’année. Petit bonheur sucré. Retour du Nous. Pensées vers Catherine Pinoteau – se souvenir est important. Michel et Sabine fêtent leurs 40 ans de mariage. Parlons discutons lisons chantons. Rions. Nous aide à tenir. Nous rassemble. Nous élève. Isabelle est heureuse. J’aime la voir sourire ainsi. Même si. Douleur profonde. Même si absences indélébiles. Nous. Sommes ensemble &. C’est joyeux. Musical. Le soleil même. Tente une percée. 

Un cheveux perdu dans un morceau de gâteau. Vite recracher. Vite m’en débarrasser. Dégoût puissant. Jusqu’au plus profond de l’être. Tromperie. Sensation désagréable reste longtemps. Comment. Passer/penser à. Autre chose. Vite vite. Les autres tout autour. Retrouver Cécile S. Petite surprise du jour. Se raconter.

Journaux entrecroisés au hasard de nos discussions. Marie-Philippe & moi. Un film partagé ici. & puis. Nos démarches. Pratiques quotidiennes. Ce que l’on révèle. Nos manières de faire lire à l’autre. De publier sur les réseaux. Ce que l’on écrit de nos vies. Ce qui se perd en route (forcément et c’est tant mieux). Laure a cette impressionnante capacité de réaction rebondissante aux textes & chants qui nous (lui) sont proposés. Ici même & ailleurs aussi. Je lui dis. Anne est majestueuse/rayonnante dans son grand manteau blanc. Un cygne. 

Certaines présences prégnantes me coupent la parole. Depuis longtemps c’est. Comme ça. Dans ces moments je. M’efface. Disparaît. N’ai pas lu. Ne me suis pas sentie de lire. Une autre fois peut-être. Sans doute. La Chute d’une fleur aurait été trop triste. Secrètement soit-dit en passant aurait trouvé une place. Sa place mais. J’ai besoin de temps. Nous avons chanté ce chant qu’Isabelle affectionne tout particulièrement & que nous avions chanté un soir ensemble en Savoie. Debout les femmes

Cécile qui est venue avec la petite voiture de sa maman & sa pulsion de vie a la gentillesse & toute la générosité qui la caractérise de nous raccompagner en ville Sophie L. & moi. Heureuses retrouvailles. Cette idée du Nous n’est pas vaine. Me rassure (sur ces questionnements réguliers à propos de cette notion d’aventures collectives). Au retour. Grande fatigue. Je n’ai pas vu passer le week-end. J’ai très sommeil. J’arrive à suivre joli petit documentaire sur Shirley MacLaine. Elle est de toute sa présence. Lumineuse. Le repas de restes nous suffira. Petite soupe de légumes maison parfumée aux champignons noirs. Regarder un peu en dilettante Allied de Robert Zemekis. Sorti en 2016. Dix ans déjà. Pas vu pourtant. Romance d’espionnage sur fond de seconde guerre mondiale. Avec Marion Cotillard & Brad Pitt. Casablanca 1942. & puis. & puis Londres. & puis Dieppe – la ville de mon enfance. & puis la guerre. Toujours la guerre. Petit film du dimanche soir pour. La route. Quelle route ? Route vers sommeil profond & je l’espère réparateur. 

E.S.

Journal poétique 2026 (extrait)

🦩 Et si vous souhaitez prendre un peu de temps vous remémorer vos propores aventures sur 2022 et/ou sur 2023, on peut poursuivre la lecture en commandant sur le site de Les amis de Jacques Flament Editions :

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Dimanche 12 avril 2026 © emmanuelle sarrouy

Actualité – Mars 2026

Rendez-vous samedi 21 mars 2026 à 18h ! 🌸🌸🌸

Journée Mondiale de la Poésie & Printemps des Poètes !

De quel temps es-tu, toi qui ne rêves plus ? Jean Malrieu

🔥 Rencontre/Lecture animée par Véronique Duprat et Hélène Chambon autour de cinq poètes·s·e·s du LE SCRIPTORIUM :

Emmanuelle Sarrouy, Marc Ross en poésie, Patrick Aveline Randos, Marc Paul Poncet et Dominique Sorrente qui présenteront leurs récentes publications.

🖌️🥂 Suivie d’une séance de dédicaces & d’un verre de l’amitié.

Nous parlerons des débuts et des fins des courants et des contre-courants nous parlerons de résistance de poissons de fantômes de naissance et de disparition de renaissance peut-être de cours d’eau de mots jouant glissant au fil des pages d’horizon de métaphores de bruit et de silence nous parlerons peut-être aussi de réchauffement climatique et du mouvement des cœurs fondants dans le lit des rivières… Venez !

(au plaisir de vous voir/revoir/rencontrer et échanger)

👉🏾Atelier Sevin-Doering – un authentique et magnifique atelier de couture du 17ème siècle, joliment préservé au coeur du quartier de Saint Victor.

🛖 Entrée : 5 rue du Chantier 13007 Marseille (en passant sous le porche)

Règlement sur place ( espèces ou chèque) : 15 euros.

Pensez à vous inscrire sur le framaforms 👇🏾 :

https://framaforms.org/libres-comme-une-maison-en-flammes…

affiche 21 mars 2026 © Colette Papilleau
photographie © Michel Rimaud
photographie © Marc Ross
photographie © emmanuelle sarrouy

Dimanche 5 avril 2026.

La Lune flamboyante en ligne de mire mes pensées vagabondent. J’ai aimé un homme qui ne m’a jamais aimée. Nous nous sommes rencontré·e·s en février 2014. Et depuis ce ne fut que déclarations de séparations. Malgré mots & promesses. J’ai écrit. Beaucoup. Deux livres sont nés en poésie. Un troisième attend impatiemment de voir le jour. Et les journaux, les journaux, les journaux. Nous avons si peu appris à nous connaître. Old motherfucking ghost. Même si. Putain de désir d’écrire.

Ta promesse 

est peut être semblable

à l’arbre déraciné. 

Patricio Sánchez-Rojas, L’exil est une histoire aux nombreuses pages

Gribouille Sushi est venu vomir à côté de moi ce matin. C’est tellement dur de voir un être cher tomber malade et de ne pas pouvoir faire grand chose. Cette sensation d’impuissance. Que c’est difficile à vivre. Putain de carcinome épidermoïde gingival de merde. Des caresses & de l’amour bien sûr mais. Que c’est dur. 

si toi aussi tu m’abandonnes 

au mon unique amour 

Nous avons regardé hier soir un joli film très touchant Quand tu seras grand d’Andréa Bescond & Eric Métayer. Avec notamment les excellent·e·s Vincent Macaigne & Aïssa Maïga. Et le jeune tout aussi brillant Kristen Billon. Quand l’enfance s’invite en maison de retraite. 

Des œufs en chocolat pour la douceur de vivre. Black-blanc-beur ? Dimanche de Pâques. Pour qui sonnent les cloches ? We need peace for everybody. Is it so difficult to understand ? 

Je termine ce matin Glaciers de Bruno Doucey. Poésie hommage à ces touchants glaciers qui disparaissent progressivement. Manifeste revendique les mêmes droits que les droits humains. & écoute une magnifique & émouvante aventure/histoire racontée par la glaciologue Heïdi Sevestre sur ses expéditions & la disparition soudaine du glacier Conejeras en Colombie. Les larmes du glacier Conejeras. Les larmes, les larmes, les larmes. 

ses cimes blanches / cumbres blancas

ne sont plus l’âme de la terre / Alma de la tierra

Bruno Doucey, Glaciers

Colère incompressible. Pourquoi donc ai-je la sensation que je doive toujours relancer les autres. L’inverse ? Me soulagerait parfois. Pourquoi n’attendrais-je pas que l’on vienne me chercher. Pourquoi. Et si j’arrêtais tout ?

Cuisine cuisses de poulets petits légumes sauce jamaïcaine. Manque la mangue. Zut. Range quelques nappes & objets ramenés de la rue Antoine del Bello. Choses qui doivent trouver nouvelle place dans nos vies. Pense sans arrêt à Gribouille Sushi. Tente de ne pas mais. Non. 

Anniversaire de Pascale P. Petit message. Je l’appelle demain. 

Lutter bien sûr autant que possible contre le réchauffement climatique. Surtout pas contre le réchauffement des cœurs. Ceux-là pour la santé & l’état du monde devraient bien fondre un peu plus régulièrement. 

E.S.

Journal poétique 2026 (extrait)

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Dimanche 5 avril 2026 © emmanuelle sarrouy

Jeudi 26 mars 2026.

Mais l’origine véritable du Ruisseau fantôme n’est plus visible, ne le sera plus. Rize est bien une sorcière, d’avoir survécu à la submersion de sa Source par les flots de Canal. Une sorcière aussi de l’avoir menée jusqu’à cet humain qui s’est choisi un prénom identique à celui du personnage de fiction pour lequel elle enquêtait sur cette Source.

Wendy Delorme, Le Parlement de l’Eau

Rencontre impromptue en choisissant une rangée pour m’installer au cinéma – je suis accompagnée – avec les enfants ?… Joanna Delon me demande si le petit garçon qu’elle m’avait conseillé a finalement été choisi. Elle me montre un extrait de film dans lequel il joue. Je ne reconnais pas l’enfant. Je pense qu’il a finalement été choisi sur Paris. Dans le rêve il y a aussi une sorte de scène de travail dans une petite salle autour d’un texte. Pour un film ? Un spectacle ?… Il y a une jeune femme brune qui ressemble à Itzel la jeune poétesse mexicaine rencontrée il y a deux semaines. Il y a aussi – comme une publicité – assis frontalement sur plusieurs rangées de siège de cinéma de jeunes couples. Iels sont plusieurs mais. C’est toujours le même couple. 

Une entrée sombre, un escalier de métal. Une lueur en contrebas, qui vient de l’Eau. Une Eau translucide, aux reflets vert bleuté. Pas le vert malade des algues d’Eaux croupies, mais le bel émeraude des Eaux de Rhône, filtrées jusqu’ici par ses couches alluviales, ses graviers et ses sables fins. Une Eau si transparente qu’on voit le moindre détail au fond. […] Neuf voûtes de plusieurs mètres de large, taillées dans une pierre claire, sur lesquelles se forment de minces dentelles de stalactites calcaires. Tandis que ses yeux vont des arches à la surface luminescente du Bassin, elle ne sait ce qu’elle admire le plus : l’œuvre architecturale pensée par l’humain, ou la pureté des Eaux ainsi clarifiées par les sables de Rhône. C’est la première fois qu’elle ressent à ce point la parfaite harmonie que peuvent former les entités naturelles avec l’ingénierie humaine. […] dans une beauté aquatique et minérale dont la féérie est plus intime, plus mystérieuse qu’aucun spectacle d’Eau et de lumière jamais vu par elle. […] Quelque chose de profond et de calme, serein et recueilli.

Wendy Delorme, Le Parlement de l’Eau 

Quand elle décrit sa visite des Bassins filtrants de l’ancienne usine de purification de l’Eau du faubourg Saint-Clair à Lyon. Je pense immédiatement à notre visite durant l’été 2022 de la Grotte Saint-Marcel (aménagée par l’humain) – à la frontière du Gard & de l’Ardèche – tellement magique  & impressionnante. Je pense aussi à ce second atelier proposé par Julie auquel je souhaite m’inscrire – il faut que je m’en occupe – sur nos ancêtres les sorcières. Je pense à ma grand-mère maternelle mamie Marcelle. Je me dis peu importe le genre. C’est un signe. Marcel/Marcelle. J’y avais pensé déjà à l’époque. Je pense à l’eau. Aux cavités. Au chant de.

De la fluidité du chant de l’eau à la voix lointaine de ma grand-mère chantant des airs populaires ou d’opéra à présent éternellement.

Cette impression de traversée. Mardi/Mercredi traverser l’espace temps du rhume petite maladie éphémère. J’étais  autre. Ailleurs d’ailleurs. En quelque sorte en pause. Tellement différente de celle que je suis habituellement. Mais quand le corps parle il faut savoir l’écouter. Il était même impossible de lutter. Poursuivre mes multiples activités avec une énergie à toute épreuve n’était tout bonnement pas réalisable. Il fallait s’arrêter. Dormir. D’une certaine manière se. Reconstruire. Ça commence à aller mieux je le sens aujourd’hui. Rester cependant vigilante.

C’étaient de très grands vents… Sur cette terre. Mistral gagnant. Et tremble le cèdre du Liban. Et frémissent les arbres de Judée. 

Nous nous retrouvons Charlotte & moi chez elle cette fois pour travailler notre version vingt minutes de De l’urgence de vivre au ralenti. Après un thé au miel salvateur près du feu de cheminée nous avançons bien. Trajet nouveaux itinéraires-Lenteur-Épuisement-Désir. Nous coupons réduisons essentiellisons. Ça bruisse.

Sur la route du retour des arbres sont tombés soufflés par la puissance du vent. Se méfier des branches isolées qui s’envolent au rythme des rafales. 

Ce soir la double lecture Lessive de Victor Malzac et Féérie de Gabriel Gauthier organisée par ActOral a été déplacée à la Librairie Mazette. Les jardins des Sœurs Franciscaines de La Cômerie ont été fermés au public pour cause de vent violent. Ce n’est pas grave & tout aussi passionnant. Revoir & entendre Victor Malzac est toujours un moment fort. Découvrir l’univers très subtil de Gabriel Gauthier est touchant.

Les difficultés que nous rencontrons avec les livres, nous les rencontrons aussi avec les gens. Ils sont durs à cerner. Il ne nous reste d’eux qu’une pensée sommaire dont on n’est même pas sûr qu’elle était dans le livre, désignait la personne. Pourtant c’est elle que nous gardons. J’aimerais appeler ce raccourci que nous faisons à longueur de temps avec les livres quand nous les avons finis, avec les gens quand nous arrêtons de les voir, par exemple quand ils meurent – une féerie.

Gabriel Gauthier

Richesse de ces moments de ces. Rencontres. Lectures. Textes. Univers. Ainsi que des discussions passionnantes qui s’en suivent. Sur la question du genre de la pertinence ou non de l’écriture inclusive sur la question de l’écriture poétique & romanesque sur la question du temps de l’écriture la question du réel & de l’imaginaire. Sur la véracité & le crédible. Sur les inspirations secrètes. Sur la différence entre l’être-écrivant et le statut social de l’être-écrivain – la qualité n’étant l’apanage ni de l’un ni de l’autre. Sur l’oralité. Sur la liberté incontrôlable & implicite à l’écriture dans des carnets/cahiers. Sur la responsabilité de ce que l’on écrit. Sur nos différentes manières de. 

Je pense encore. L’écriture est un élégant tissage entre réel & fiction. Elle est traduction interprétation transformation. (inextricable brassage du réel à l’imaginaire & de l’imaginaire au réel). Quand nous lisons &/ou quand nous écrivons nous sommes entièrement DANS le livre. Comme plongé·e·s. Happé·e·s. Plus rien n’existe autour. Le monde réel ce qui reste en dehors du livre n’existe plus. Nous habitons la réalité du livre que nous tenons entre nos mains. & c’est jouissif. & c’est bonheur. & salvateur. Une résistance capitale à la violence du monde. 

E.S.

Journal poétique 2026 (extrait)

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Jeudi 26 mars 2026 © emmanuelle sarrouy

Dimanche 15 mars 2026.

Oh ma Lou

Oh ma Lou

Oh Marilou

Serge Gainsbourg, Ma Lou Marilou in L’Homme à tête de chou

Demi-sommeil. Je pense à « Elles » ce livre de J.-B. Pontais sur les femmes que j’ai acheté il y a fort longtemps genre à Gréoux-les-Bains (?) & que je n’ai pas encore lu. Envie de le lire. Je pense. Envie de lire, lire, lire. Envie de lire, lire, lire. Cinq heures trente. Le temps de me faire un café &. Je m’y mets.

Alors voilà me dis-je. Savoir écouter les messages envoyés par mon subconscient au réveil. Savoir écouter & prendre le temps de creuser d’étudier le message ses tenants & aboutissants de comprendre ses correspondances ses épiphanies dans l’histoire de ma vie. Je cherche un titre. Je trouve d’autres informations. Des enregistrements rencontres avec l’auteur autour d’un livre. De son œuvre. Je me laisse guider & clique instinctivement sur l’une des émissions. Il se trouve qu’elle fait sens à plus d’un titre. Il s’agit d’abord d’une rencontre enregistrée un 15 (avril 2009). Il est ensuite question du livre « Le Songe de Monomotapa » – sur le thème de l’amitié & inspiré par « Les Deux Amis » de Jean de La Fontaine – qui semble faire trilogie avec « Frère du précédent » – écrit sur le thème de la fratrie & offert à mon papa Jean-Paul jeune frère cadet de mon parrain Gilbert il y a de nombreuses années – & avec « Elles » – sur le thème des femmes & livre dont j’ai rêvé cette nuit.

De la même manière j’enquête sur. Marilou (qui m’a réveillée). Celle de Serge Gainsbourg personnage semi-fictif qui apparaît à plusieurs reprises dans son Homme à tête de chou. & là. Seconde dinguerie. Folie. Je tombe de fil en aiguille sur « Marie-Lou-La-Monde » oups « Marie-Lou-LE-Monde » de Marie Testu roman-poème édité au Tripode. Maison d’édition à qui je viens d’envoyer mon dernier manuscrit. Histoire d’amour histoire des commencements des fulgurances. Histoire d’. Être-Monde. (je pense à ce qu’il m’a dit un jour). Enchantement. Comme une. Envie de lire ce texte. Affaire à suivre. Assurément. Je découvre également à cette occasion l’étonnant & très beau petit film poème du canadien Félix Dufour-Laperrière « Variations sur Marilou ». Comme quoi. De la richesse non négligeable des messages nocturnes.

« La mémoire n’est jamais chronologique.

Elle travers le temps dans tous les sens. » J.-B. Pontalis

« L’amitié, cette force qui enjambe l’absence. » René Char cité par J.-B. Pontalis

J’écoute J.-B. Pontalis. Lettres entre Montaigne & la Boétie ; Jacques Vaché & André Breton… Je pense à notre rencontre Master Class d’hier qui justement de l’amitié… Je lirai samedi prochain un texte d’Yvon Le Men sur Jean Malrieu. Ces histoires d’amitié. Il parle d’amitié & de correspondance. Correspondance – cum respondere. Répondre avec. Rimer avec. De la force évocatrice de ce mot. Correspondances. La recherche d’un·e autre – proche – mais différent·e. À la fois dissemblable & semblable. L’amitié dit-il se tisse fil à fil.

L’amitié vécue aujourd’hui est-elle la même que celle des siècles précédents ?

Dans les correspondances il y a quelque chose de l’ordre du bouillonnement de l’idée. Une effervescence. Il s’agit non pas de « changer le monde » mais de « faire bouger le monde à partir d’une nouvelle pensée ».

Dans cette même foulée ce même ordre d’idée ce même élan poursuivre la lecture du Journal 2026 que Marie-Philippe Joncheray m’envoie chaque jour depuis. Nos correspondances semées entre les mots. Entre les horreurs de la guerre – qu’iels souhaitent même c’est affligeant on dirait – & les souhaits horripilants de bonne belle douce année avant même. Qu’elle ait commencé. Au fil des heures.

« Les livres sont un vecteur d’amitié » nous dit J.-B. Pontais.

Et cependant. « Nul n’est tenu d’écrire (On n’est jamais tenu de faire un livre) » rappelle Bergson.

Quinze images de nuages. Dialogues éphémères. Fragiles. Précieux. Les Alpes dans le ciel. Magie de certains moments de la journée qui ne durent qu’un instant. Savoir les saisir demande une attention extrême une disponibilité à toute épreuve. Le sens des priorités.

& pourtant. Tous ces (autres) moments qui filent sans que nous en ayons même conscience. Sans nous.

« Trouver un style qui ne serait pas didactique qui ne prétendrait pas prendre l’ascendant, en imposer, mais transmettre ce qui est venu d’une expérience toujours déroutante. » J.-B. Pontalis, « La traversée des ombres »

L’écriture poétique est par conséquent écriture créatrice par excellence. & sa lecture créative. J.-B. Pontalis parle de l’importance de. Laisser de la place au lecteur. Il parle d’ « Elles ».

C’est aujourd’hui l’anniversaire de l’amie et collègue d’aventure éditoriale Anne Perrin.

& puis & puis & puis. Chu Chi saumon thaï curry. Ce jour. Premier tour des élections municipales. Se dire se répéter que rien n’est jamais gagné ou perdu d’avance. Agir. & comment. Que désirons-nous réellement ? Tandis que le monde tout autour. S’enflamme. Comment combattre la folie des hommes. La peur. La bêtise. L’ignorance. Comment ? Il faut bien-sûr une volonté & des moyens d’action. Il ne faut surtout jamais baisser les bras. Je l’ai appris en Haïti. Tché bé raid pa moli. Jamais.

E.S.

Journal poétique 2026 (extrait)

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Dimanche 15 mars 2026 © emmanuelle sarrouy
poème slogan 2026 © emmanuelle sarrouy

Vendredi 6 mars 2026.

Ciel gris bleu pâle. Le cèdre du Liban frémit. Tremble. Toute cette bêtise humaine. Toutes ces horreurs déployées. Quand donc cesseront-elles. Quand ? Second jour de blocus au Lycée Saint-Charles. Le Parlement de l’Eau m’emporte dans ses flots – ses hésitations & ses élans. Cet enthousiasme du geste. Optimisme débordant dans l’action.

« La bêtise des hommes vient de ce qu’ils ont réponse à tout.

La sagesse du roman, c’est d’avoir question à tout. » Milan Kundera

« Quand elle est vraie, l’écriture vient d’un charbon à l’intérieur de l’être. » Laura Vazquez

Ce matin Medjina revient à la maison tandis que nous allons à La Capelette. Récupérer encore quelques affaires et poursuivre le second & ultime tri. JP a rendez-vous avec Franck G. pour lui remettre quelques livres précieux. Nous arrivons enfin à nous appeler avec Anne-Claire B. Photographier l’avocatier & le jardin avant. Passage imminent des jardiniers qui dixit JP vont tout ratiboiser. Ce jardin est une merveille mystérieuse. Un petit paradis en plein cœur de Marseille. Une petite jungle magique. Les plantes y poussent magnifiquement bien. Ce jardin me touche. Je le photographie avant de partir. Pas sûre de pouvoir revenir avant le passage des jardiniers. Dont acte.

Au retour nous dévorons les sandwiches achetés chez Ange. Reprendre le cours des ateliers d’écriture de Laura Vazquez. Beaucoup de retard. Qu’importe. Y aller à mon rythme whatever. & puis. Écrire, écrire, écrire. En écoutant Didier Da Silva jouer une mazurka au piano. En écoutant l’émission Poésie In The City où Julie Cat reçoit ce mois-ci la douce poétesse & danseuse Virginie Anouch Kechmanian. En écoutant Equinoxe de John Coltrane et Chalouper de Gaël Faye. En écoutant du jazz iranien. Nuits Persanes version jazz fusion instrumental. Écrire encore écrire est. Au cœur même de mon désir.

« Écrire, ce n’est pas seulement avoir quelque chose à dire.

C’est inventer la langue juste pour le dire. » Laura Vazquez

[…]

E.S.

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Vendredi 6 mars 2026 © emmanuelle sarrouy

Lundi 2 mars 2026.

Ciel parsemé de nuages doucement roses doucement éclairés d’un soleil déjà ardent. […]

Lecture inopinée des premières pages de « Cantique du lac » d’Anna Milani que m’a prêté Marie-Philippe. Magie de la lecture à voix haute. C’est à présent le corps qui prend en charge le texte les mots le rythme. Dans un souffle inspiré.

Démarrer l’après-midi par. Nouvelle séance de kiné qui me fait le plus grand bien je le sens. Cet espace-temps suspendu dont nous avons tant besoin. Pour le corps &. L’esprit. Plus que deux séances à venir. Dehors dans le rythme effréné de nos vies citadines les stations essences sont prises d’assaut suite aux événements récents. J’arrive moi aussi à faire un plein. Par sécurité. Je pense au paradoxe de nos vies. Je pense qu’il faut changer nos habitudes nos manières de vivre je pense que c’est malgré tout souvent compliqué je pense qu’on le fait déjà un peu mais que ce n’est pas suffisant qu’il faut faire encore beaucoup d’efforts je pense que les nouvelles générations y arriveront bien mieux que nous je pense qu’il faut réfléchir différemment changer nos paradigmes on le dit depuis tellement longtemps je pense que la vie le vivant recèlent encore de belles choses auxquelles il faut s’accrocher je pense que nous n’avons pas appris grand-chose un peu cependant mais que nous pouvons encore apprendre & bousculer l’ordre mondial établi d’autodestruction combattre les dérives capitalistes combattre les tyrans & célébrer le vivant le vivant le vivant éviter le suicide collectif programmé au moins le ralentir mais le souhaite-t-on vraiment & jusqu’où sommes-nous prêt·e·s à aller & dans quel monde voulons-nous vraiment vivre ?

J’apprends le décès de Clément Oubrerie parti hier rejoindre les étoiles filantes du dessin et de l’illustration. Il avait notamment collaboré avec Marguerite Abouet sur la très belle série BD que j’ai adorée dès les premières pages « Aya de Yopougon ». Sur « Akissi » aussi. Ainsi que sur « Isadora » & la série des « Pablo » (Picasso) avec sa compagne Julie Birmant. Il était né un 23 décembre 1966. Il était jeune. Souffrait de la maladie de Charcot. Que c’est triste.

E.S.

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Lundi 2 mars 2026 © emmanuelle sarrouy